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Marche urbaine et transports publics

Le 10 février, la RATP a organisé un colloque sur « Marche urbaine et transports publics : espaces, aptitudes et santé publique »

S’intéresser au plus simple en apparence des modes de déplacement, qui est aussi le mode pivot de la mobilité, implique en effet de prendre en compte l’aménagement des espaces, les aptitudes de l’individu et les enjeux de santé publique.

marcheurbaine1La marche fait un retour en force ! Campagne de promotion de l’activité physique quotidienne, politique de mobilité durable, festivalisation des espaces publics…, le piéton fait dorénavant l’objet de beaucoup d’attention. Philippe Martin, directeur général adjoint, a souligné que « les voyageurs arrivent dans nos réseaux le plus généralement à pied. Et ils y marchent beaucoup pour assurer leurs correspondances. Mais cette évidence est passée longtemps inaperçue ». C’est pourtant en veillant au confort et à l’orientation du voyageur et à l’accessibilité à pied des transports publics qu’on est en capacité d’offrir une vraie alternative à la voiture.

La recherche s’intéresse aussi à la marche car mettre un pied devant l’autre mobilise beaucoup de compétences cognitives et physiques comme l’a rappelé Alain Berthoz, professeur au Collège de France et co-président du programme Cognition & Mobilité. Elle se révèle parfois difficile en situation de handicap ou lorsque la personne vieillit.

Un enjeu de santé publique


Les Français de plus de 60 ans représenteront 40 % de la population en 2050. Les nouvelles générations de seniors  sont de plus en plus urbaines et de plus en plus familiarisées avec la voiture. Or, la familiarité avec le mode de transport n’influe pas seulement sur l’usage du mode concerné mais aussi sur le simple fait de sortir de chez soi chaque jour.  

La mobilité est une source importante d’activité physique régulière bien plus que le sport qui ne représente que 7 % des sources d’exercice physique. Une activité physique régulière diminue de moitié le risque d’un grand nombre de cancers, de maladies cardiovasculaires et d’ostéoporose. Mieux, les personnes physiquement actives voient leurs risques de maladies d’Alzheimer et de Parkinson diminuer de 40 %. Le risque de dégénérescence maculaire (DCMA) diminue, lui, de 80 % !

Aimer la marche et la ville


marcheurbaine2La qualité des cheminements entre les stations, entre les différents modes et dans les espaces de transport conditionne la qualité du voyage. Colette Horel, directrice du Développement et de l’action territoriale, rappelle que son département prend en compte le voyageur, en partenariat avec les collectivités locales, non pas de station à station mais de porte à porte. Pour Remi Feredj, directeur du département des espaces et du patrimoine, l’opérateur de mobilité doit aussi veiller à la qualité de l’arrêt du voyageur dans les espaces du transport.   

La marche est à la fois un mode de déplacement et une expérience urbaine. Aussi Jacques Lévy, professeur à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne, met-il l’accent sur l’efficacité de la marche, autrement dit sa vitesse dès lors qu’on considère l’accès aux ressources de la ville. A pied et dans les transports publics, dans ces séquences pédestres où le marcheur évolue en même temps dans l’espace physique et l’e-space accessible via son smart phone, la quantité des réalités accessibles est bien supérieure à celles atteintes par l’auto-soliste. C’est une petite révolution à laquelle nous invite le géographe, qui chahute nos représentations traditionnelles de la vitesse et la hiérarchie des modes de transport.

Plaisir et émotions


marcheurbaine3La voiture a privatisé l’espace public. L’enjeu des politiques de mobilité et d’aménagement consiste aujourd’hui à redonner l’envie de marcher en rééquilibrant l’espace au profit du piéton et en apaisant les vitesses pour permettre la cohabitation des modes. 

L’opérateur de mobilité a donc une responsabilité dans la conception et la gestion d’une offre de transport multimodale dans laquelle la marche n’est pas seulement une contrainte, une pénibilité. Les Québécois parlent de « cocktail transport » pour désigner l’intermodalité : il s’agit donc d’inciter chacun à augmenter sa dose de modes actifs, de marche ou de vélo, dans son cocktail de mobilité.

C’est une autre conception, centrée sur l’individu mobile, les autres modes venant compléter la marche lorsque les distances s’allongent, quand le piéton est encombré ou qu’il souffre de handicaps passagers ou définitifs… L’opérateur de ce cocktail modal doit porter une attention particulière aux transitions, aux interfaces… En agissant au quotidien avec les collectivités locales pour concevoir et gérer des espaces et des offres de transport très  « marchables » !

Car, dans ces nouvelles conceptions d’aménagement des espaces publics et des offres de  mobilité, c’est une nouvelle approche du vivre-ensemble qui est à l’œuvre au cœur des politiques publiques d’urbanisme et de santé publique. 

Quelques chiffres :


L’enquête nationale transports de l’INSEE de 2008 révèle que seulement 59 % des Français déclarent marcher plus de 30 minutes par jour. On est encore loin de la mise en œuvre des recommandations de l’OMS et du ministère de la Santé relayées par la récente campagne de l’INPES.

54 % des ménages français résident à moins de 300 mètres d’un arrêt de bus, tandis que 22 % d’entre eux n’ont pas de voiture. En revanche, 41 % des ménages estiment que les trottoirs et les carrefours situés à moins d’un kilomètre du domicile ne sont pas bien aménagés pour des déplacements à pied en sécurité (source Enquête nationale transport – INSEE, 2008).

55 %
C’est la part de la marche à Paris ! Devant les transports publics et la voiture, la marche est le premier mode de déplacement des Parisiens (Plan de déplacement de Paris).

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  • Séminaire « Marche urbaine et transports publics : espaces, aptitudes et santé publique »

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    Séminaire « Marche urbaine et transports publics : espaces, aptitudes et santé publique »