Au quotidien

Un jour, une station : Bastille, un petit vent de Révolution

Découvrez les secrets d’histoire associés à la station Bastille.

Implantée sous la place de la Bastille, la station dessert les lignes 1, 5 et 8 du métro. La station de la ligne 1 est ouverte le 19 juillet 1900 avec la mise en service du premier tronçon entre Porte de Vincennes et Porte Maillot. Le 17 décembre 1906, c’est au tour de la station de la ligne 5 puis le 5 mai 1931, celui de la ligne 8.  
 

Construction du chemin de fer - Bassin de l'arsenal - RATP

Une dénomination symbole de la Révolution française

La station Bastille tire sa dénomination de la place de la Bastille qu'elle dessert, lieu symbolique de la Révolution française, où l'ancienne forteresse de la Bastille fut détruite le 14 juillet 1789. La place de la Bastille devait accueillir initialement une colonne "de la Liberté". Puis on y installe une guillotine. En 1808, à la demande de Napoléon 1er, il est prévu d’y édifier un éléphant gigantesque en bronze. Seule la maquette en plâtre grandeur nature est réalisée et installée au centre de la place en 1833. En 1840, est finalement édifiée la Colonne de Juillet qui commémore le renversement de la monarchie de Charles X, les 28, 29 et 30 juillet 1830.  

 

Vue aérienne de la station - Collection RATP
Arrivée en station - RATP

Des vestiges mis à jour

Lors de la construction de la ligne 1 du métro, les vestiges de la tour de la Liberté sont découverts à l’entrée de la rue Saint-Antoine : l’édifice est alors démonté et reconstitué dans le square Henri-Galli, quai des Célestins, où l’on peut encore le voir aujourd’hui. Sur la ligne 1, une plaque éclairée implantée dans le tunnel, à la sortie de la station en direction de la Défense, rappelle l’emplacement de la tour. Cette plaque est visible depuis la rame de métro.  

Dans les années 2010, des vestiges historiques de la forteresse disparue sont mis en valeur sur les quais de la ligne 5. Ainsi en direction de Bobigny – Pablo Picasso, on peut voir un morceau de l’ancien mur de contrescarpe du fossé de la forteresse et dans un couloir, un morceau du mur d’escarpe qui apparait dans un tympan au-dessus d’un escalier fixe. Ces deux vestiges sont entourés de panneaux de grand format racontant l’histoire de la Bastille, montrant des illustrations ainsi qu’un plan superposant anachroniquement l’emplacement du fort et les lignes de métro passant à Bastille tout comme la place et les artères y menant. Le voyageur peut ainsi se représenter concrètement de la place qu’occupait le fort par rapport à l’actuelle topographie du lieu. Un bandeau inox est engravé dans le sol des quais et matérialise en lieu et place le tracé des anciennes fortifications. Sur ce bandeau, est répétée la mention suivante : "limite de l’ancien mur de contrescarpe du fossé de la forteresse de la Bastille”. Le voyageur, sur les quais de la 5, peut alors constater que la ligne 5 (quais et voies) traverse ce mur en plusieurs endroits. 

bastille

Une pagode d’entrée

L’entrée principale de la station, au milieu de la place de la Bastille était, dès l’ouverture de la station, une pagode signée Hector Guimard. Elle se distinguait avec son entrée en fer à cheval et ses toits en zinc superposés. Elle rassemblait tout le vocabulaire décoratif du style Guimard avec ses cloisons en pierre de lave émaillée orange, ses motifs ornementaux en fonte, ses structures métalliques et ses verrières géométriques. Très dégradée, elle est détruite en mai-juin 1962. 

Pavillon Guimard de la station Bastille - RATP
Station au dessus du Pavillon de l'Arsenal - RATP
Entrée du Pavilon Guimard à la station Bastille - RATP
Pavillon passerelle Guimard sur la ligne 1 - RATP
Station aérienne de la ligne 1 et son pavillon Guimard - RATP

Des aménagements qui ont évolué sur la ligne 1

Au début des années 1960, les quais de la ligne 1 sont recouverts d'un carrossage (revêtement métallique) assez particulier. Celui s’apparente aux premiers prototypes de carrossage, et notamment celui de la station Franklin D. Roosevelt, emblématique avec ses banquettes rouges directement attachées au carrossage et ses vitrines luxueuses incrustées de reproductions en verre de tableaux célèbres (gemmaux) associées aux panneaux publicitaires. Au milieu des années 1980, les quais de la ligne 1 sont décarrossés et prennent leur disposition actuelle. Quelques années plus tard, en mai 1989, une fresque en céramique réalisée par les artistes Liliane Belembert et Odile Jacquot est installée sur les piédroits et les tympans de la station pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. Cette fresque de 130 mètres de long, réalisée avec 2000 carreaux de grès émaillés, décrit les grands moments de cette période historique.

Quais de la ligne 1 - RATP
Quais de la ligne 1 - RATP

Des quais complexes et des baies vitrées pour la ligne 1

Un agencement dans deux styles différents pour les lignes 5 et 8. Les quais des lignes 5 et 8 sont souterrains et possèdent une voûte elliptique.

Dans les années 1970, les quais de la ligne 5 sont rénovés dans le style "Mouton-Duvernet", du nom de la première station aménagée dans ce style, et qui se caractérise par :  

  • des piédroits recouverts de carreaux de céramique dans une harmonie d’orange et de jaune ; 
  • une voûte laissée dans l’obscurité tandis que l’éclairage se concentre sur les panneaux publicitaires au moyen de tubes fluorescents ;  
  • des banquettes en formica rouge, directement attachées aux piédroits.   

Le style Mouton-Duvernet va équiper une trentaine de stations du réseau.  

Cet aménagement de la station Bastille est entièrement déposé à l'occasion de la rénovation de la station dans les années 2000. Depuis, les cadres publicitaires sont en céramiques blanches et le nom de la station est écrit en police de caractère Parisine sur plaques émaillées. Les sièges, de style « Akiko », sont de couleur bordeaux.

Les quais de la ligne 8 sont aménagés dans le style "Andreu-Motte" avec deux rampes lumineuses oranges, des banquettes et débouchés des couloirs traités en carrelage plat orange et des sièges « Motte » orange. Ces aménagements sont mariés avec les carreaux en céramique blancs plats qui recouvrent les piédroits, la voûte et les tympans. Les cadres publicitaires sont métalliques et le nom de la station est en police de caractère Parisine sur plaques émaillées. La station se distingue cependant par la partie basse de ses piédroits qui est verticale et non elliptique. 

Dans les années 1970, le style Andreu-Motte, du nom de ses créateurs, fait son apparition et réinvente l’aménagement des stations. Il rompt définitivement avec le style orange Mouton-Duvernet, par le retour au carrelage blanc rehaussé d’une couleur vive qui s’applique sur les différentes composantes de la station et la mise en valeur de la voûte.

Siège de type Akiko - RATP
Salle de recettes de la station Bastille - RATP
Patrimoine