Au quotidien

Un jour, une station : Liège, ne m'appelez plus jamais Berlin

Berlin, c’est le nom que portait la station Liège à son ouverture en 1911, lors de l’inauguration de la ligne B de la compagnie Nord-Sud. Elle est rebaptisée Liège en 1914 en hommage à la résistance de cette ville face aux assauts allemands. 

La station, aux origines nommée Berlin, a été inaugurée le 26 février 1911. Elle fait partie de la première branche de la ligne B (l’actuelle ligne 13), entre les stations Saint-Lazare et Porte de Saint-Ouen. Elle a été construite par la compagnie  Nord-Sud, concurrente de la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) qui exploite alors l'essentiel du réseau parisien. Cette station se situe sous la rue d'Amsterdam, de part et d'autre de la rue de Liège, en limite des 8e et 9e arrondissements de Paris, à trois cents mètres environ au nord de la gare de Paris-Saint-Lazare.

Quand Berlin est devenue Liège

La station ferme au début de la Première Guerre mondiale, le 2 août 1914. A sa réouverture, le 1er décembre de la même année, elle est, ainsi que la rue éponyme, rebaptisée et prend le nom de la ville belge, Liège. Ce nom est donné afin de célébrer la résistance héroïque de cette ville lors de l'attaque allemande.  

Le 27 mars 1931, après l'absorption de la compagnie Nord-Sud par la CMP, la ligne B du réseau Nord-Sud devient la ligne 13.

Liège
Denis Sutton, RATP
Denis Sutton, RATP

« Station fantôme » pendant près de 30 ans

La station Liège est de nouveau fermée début août 1939. En effet, un plan gouvernemental prévoit un service réduit sur le réseau métropolitain, qui ne laisse subsister, par mesure d'économie, que 85 stations ouvertes. La plupart des stations rouvrent après le conflit, mais certaines d'entre elles restent fermées car peu rentables et deviennent des « stations fantômes ». Après vingt-neuf années de fermeture, la station Liège est finalement réouverte le 16 septembre 1968, mais au prix d'horaires d'ouverture aménagés en raison de sa faible fréquentation : fermeture le soir, le dimanche et les jours fériés, jusqu’en 2006. A cette date, la station retrouve les mêmes horaires que le reste du réseau.

Fresques céramiques en hommage à la province de Liège

La station est décorée, à l'origine, comme toutes les stations sans correspondance du Nord-Sud, avec son nom inscrit sur des carreaux de faïence en blanc sur fond bleu et des frises de céramique marron portant le sigle « NS ».  

En 1982, dans le cadre d’échanges culturels entre la France et la Belgique, des panneaux en céramiques de Welkenraedt, réalisés à partir de photos, sont installés dans les cadres publicitaires du piédroit qui fait face au quai unique de chaque demi-station. Ils évoquent des paysages et monuments de la province de Liège. Cette modification voit également la pose de nouveaux carrelages sur les tympans d'entrée de chaque quai, avec notamment le blason de la ville de Liège. Les céramiques des deux quais sont l'œuvre de deux scénographes liégeois, Marie-Claire Van Vuchelen pour la direction sud et Daniel Hicter, pour la direction nord. Les dix-huit fresques, neuf dans chaque direction, sont réalisées en couleur au nord et en bichromie bleue au sud.

Fresque en couleur, 2012 - Denis Sutton - RATP
Fresque en couleur, 2012 - Denis Sutton, RATP
Fresque en couleur, 2012 - Denis Sutton, RATP

Une architecture décalée

La station se caractérise également par son architecture particulière. En effet, l'étroitesse de la rue d'Amsterdam conduit à placer les deux quais l'un après l'autre, et non face à face, comme dans la plupart des stations.  

Dans chaque sens de circulation, les trains s'arrêtent dans la première demi-station rencontrée. 

La station Commerce, sur la ligne 8, est la seule autre dans la capitale construite sur ce modèle pour les mêmes raisons, les trains s'y arrêtant par contre dans la deuxième demi-station rencontrée.

Liege
Denis Sutton, RATP
Quai de la station, 2012
Denis Sutton, RATP
Patrimoine