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Les résultats semestriels 2023 du groupe RATP très fortement impactés par les tensions inflationnistes

Le Conseil d’Administration de la RATP, réuni le 28 juillet 2023 sous la présidence de Jean Castex, Président-directeur général de l’entreprise, a examiné et arrêté les comptes consolidés du Groupe RATP et les comptes sociaux de l’EPIC, au 30 juin 2023.

Les efforts menés au cours des derniers mois pour améliorer le climat social (signature d’un accord sur les conditions de travail des conducteurs de bus, accord salarial signé par tous les syndicats représentatifs) ainsi que l’accélération des recrutements et la forte mobilisation de l’encadrement et des agents ont permis de redresser la production de l’offre de service au 1er semestre 2023 sur le réseau de bus et de retrouver le niveau de l’offre d’avant covid sur la quasi-totalité des lignes de métro.

Les comptes semestriels du groupe RATP témoignent néanmoins du défi économique majeur auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, du fait de l’insuffisance des mécanismes contractuels de couverture des effets très significatifs de l’inflation sur nos charges d’exploitation, en particulier en Ile-de-France. La résolution de cette problématique est une priorité, car elle conditionne la bonne exécution du service dans les prochains mois.

L’entreprise se prépare activement à accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Outre l’effort massif de recrutement en cours, la RATP et ses partenaires sont mobilisés pour livrer le prolongement de la ligne 14 vers Aéroport d’Orly et Saint Denis Pleyel dès juin 2024. Et dès la Coupe du Monde de Rugby 2023, de nombreux salariés bénévoles, agents de terrain, cadres ou directeurs, seront sur le terrain pour se former à la prise en charge des touristes pour ce grand événement.

Exploitation du quotidien, grands projets, gestion des grands événements, le groupe RATP, grande entreprise de service public, est plus que jamais mobilisé au service des usagers et du pays.
 

Jean Castex
Président-directeur Général du groupe RATP

Les faits marquants du 1er semestre 2023

  • Un trafic voyageurs qui poursuit sa remontée en Ile-de-France, avec une croissance de 6% par rapport au 1er semestre 2022, à 1 518 millions de voyages, tirée par la normalisation de la situation sanitaire, la remontée du tourisme, et l’évolution des prix du carburant. Le trafic reste inférieur de -15 % à son niveau du 1er semestre 2019, du fait de l’installation durable du télétravail, et des difficultés de production sur le mode bus et de l’impact des grèves de mars, mais cet écart continue de se résorber (- 8 % en juin 2023 vs juin 2019).
  • Plus de 50 % du plan de recrutement 2023 réalisé à date par l’EPIC RATP pour mettre en œuvre la remontée de l’offre contractuelle et préparer l’échéance des Jeux Olympiques de Paris 2024. Plus de 2 250 recrutements en CDI ont été réalisés sur le 1er semestre 2023, grâce à une accélération du plan de recrutement et à une politique salariale visant à préserver le pouvoir d’achat des salariés et l’attractivité des métiers à l’embauche. De plus, un accord a été trouvé en janvier 2023 sur l’évolution des conditions de travail des conducteurs de bus. Ces efforts ont permis d’améliorer la production de l’offre de service, notamment sur l’activité Bus (84 % au 1er semestre 2023, contre 75 % entre septembre et décembre 2022). 
  • Une progression de 2,4% du chiffre d’affaires consolidé, à 3 160 M€, principalement tirée par le dynamisme commercial des filiales (+ 7,2 %).
  • Des comptes de l'EPIC RATP très fortement affectés par les effets de l'inflation (5,6 % au 1er semestre) sur les charges d’exploitation : pour le premier semestre 2023, l’inflation génère une croissance des charges de - 74 M€ pour les salaires, - 103 M€ pour l’énergie et - 26 M€ pour les autres charges externes, soit -203 M€ au total. A mi-exercice, l’impact de l’inflation sur les charges de l’EPIC excède déjà celui constaté sur les années précédentes (- 200 M€ pour toute l’année 2022 et - 56 M€ en 2021).
  • La couverture de ces hausses par les clauses d’indexation contractuelles n’est plus adaptée à l’environnement inflationniste actuel : le plafonnement à 1,5 % par an – prévu par le contrat signé en 2020 soit avant la forte poussée de l’inflation – de l’indice de référence devant couvrir la progression des coûts salariaux (indice INSEE des salaires du secteur Transports et entreposage) – dont la croissance est projetée à environ 5% sur l’année – pose notamment problème. L’impact net (après application des clauses d’indexation contractuelles) de l’inflation est ainsi de - 56 M€ sur les salaires, - 55 M€ sur l’énergie et - 16 M€ pour les autres charges externes, pour un total de - 127 M€ sur le seul premier semestre 2023 (contre - 96 M€ pour toute l’année 2022 et - 3 M€ en 2021).
  • Les résultats du semestre sont enfin impactés par les grèves sur les retraites (-10 M€) et l’impact des émeutes de juin (-6 M€).
  • Au global, les résultats du Groupe RATP sont en dégradation à fin juin : résultat opérationnel (EBIT) à -5 M€ (-0,2 % du chiffre d’affaires), contre 130 M€  en 2022 (4,2 %) et un résultat net part du Groupe négatif à -129 M€, contre + 64 M€ en 2022.
  • L’entreprise s’emploie à amortir les impacts de cette dégradation de son environnement en intensifiant son effort de maîtrise de ses charges, en veillant à ne pas porter préjudice à la qualité du service rendu aux usagers. Elle a par ailleurs saisi l’autorité organisatrice à l’effet d’adapter les stipulations contractuelles au contexte inflationniste.
  • Le maintien d’un effort d’investissements massif en Ile-de-France (884 M€ ) pour préparer l’avenir, avec le soutien d’Île-de-France Mobilités. Les investissements consolidés du groupe RATP atteignent 963 M€2. Dans un contexte qui reste difficile du fait des impacts de la situation géopolitique sur les chaînes logistiques, les investissements se maintiennent à un niveau élevé, stable comparé à l’année précédente, traduisant l’ampleur des programmes de développement, de modernisation et d’entretien des réseaux.
  • Une remontée transitoire de la dette nette à 6 074 M€, en hausse de + 538 M€ par rapport à 2022, liée principalement à des effets calendaires défavorables sur le BFR d’exploitation et à la remontée saisonnière du BFR d’investissement, qui devraient se résorber au 2ème semestre. Le gearing (ratio dette nette / capitaux propres) atteint 1,17x en juin contre 1,02x fin 2022.
     

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