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Un jour, une station : Victor Hugo incarne l’histoire de son siècle

Découvrez les coulisses de la station Victor Hugo, sur la ligne 2. 

La station Victor Hugo doit sa dénomination à son implantation sous la place Victor-Hugo, anciennement place d’Eylau rebaptisée à la mort de l’écrivain en 1885.  Elle est ouverte le 13 décembre 1900, avec la mise en service du premier tronçon de la ligne 2 entre les stations Porte Dauphine et Etoile (aujourd’hui Charles de Gaulle - Etoile).  
 
Une station reconstruite pour accueillir de nouvelles rames plus longues
En 1900, les quais de la station étaient établis directement sous la place Victor-Hugo (16ème arrondissement). Ceux-ci présentaient une courbure trop prononcée pour être empruntés sans danger par les nouvelles rames Sprague - Thomson aux caisses plus longues, construites à la fin des années 1920. En effet, pour augmenter la capacité des trains et leur vitesse commerciale, il a été décidé de faire passer la longueur des rames de 13,60 à 14,20 mètres. Il n’y avait plus alors 3 mais 4 portes et deux motrices équipées de 4 moteurs tractaient les voitures. C’est pour accueillir ces rames plus longues, que la station Victor Hugo a été reconstruite en 1931, quelques mètres plus loin, dans l’alignement de son ancien emplacement. 
 
Aujourd’hui, la station d’origine est toujours bien visible des voyageurs qui la traversent à bord des rames de métro ou bien peuvent l’observer depuis l’extrémité de la station actuelle en direction de Porte Dauphine.

victor hugo

Les bouches d’entrée Guimard, classées à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques
L'accès situé au nord-est de la place, du côté de l’avenue Raymond Poincaré est constitué d'un escalier fixe orné d'un édicule Guimard.  
 
Ces édicules conçus par Hector Guimard, père de l’Art nouveau, sont caractéristiques des premiers accès. Ces bouches de métro si fascinantes par leur structure en fonte de fer, aux lignes organiques et aux motifs végétaux, deviennent un emblème de Paris. 166 ouvrages Guimard ont été créés de 1900 à 1922 et un dernier en 2000, place Sainte-Opportune. Il en reste aujourd’hui 88 dont 86 qui sont désormais inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1978.

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Une station au style raffiné
Comme toutes les stations construites par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP), après les années 1920, la station Victor Hugo bénéficie d’éléments de décor en rupture avec l’architecture sobre et dépouillée, adoptée jusque-là par la CMP. Une volonté d’enrichissement des lieux qui trouve son influence dans le style raffiné des stations de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, compagnie concurrente de la CMP.  
Désormais les noms de stations de la CMP, qui s’inscrivaient jusque-là sur des plaques de tôle émaillée, sont réalisés en céramique bleue. Les couloirs sont embellis de frises de couleur aux motifs géométriques (étoile, losange) ou floraux, constituant une « ligne graphique » qui permet aux voyageurs de mieux se repérer dans ce dédale souterrain.

Les entourages publicitaires s’ornent d’un large encadrement de couleur miel ou marron aux motifs végétaux ou floraux. A partir des années 1940, ces encadrements seront également ornés d’un monogramme « M », de style Art déco.

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Un buste à l’effigie de Victor Hugo 
En 1985, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Victor Hugo, une niche est aménagée en petite vitrine sur le quai en direction de Nation. Elle est dédiée à l’illustre écrivain et abrite notamment une copie du buste de Victor Hugo par Rodin, réalisée en bronze par David D’Angers.

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Le saviez-vous ?

La Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, ou “Nord-Sud" est une société privée, constituée en 1902 par Jean-Baptiste Berlier et son associé Xavier Janicot. Concurrente de la CMP, elle construit et exploite deux lignes de métro : la ligne A qui traverse la capitale du nord vers le sud et la ligne B, de Saint-Lazare aux portes de Paris, respectivement aujourd’hui, les lignes 12 et 13. La compagnie est absorbée par la CMP en 1931.

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