« Stop aux agressions quotidiennes. »
Les agressions envers les agents RATP ne font que croître. Insultes, menaces, crachats et autres formes d'agressions se multiplient, portant atteinte à la sécurité des agents et à la bonne exécution de leurs missions.
En 2025, 1 303 atteintes à l’intégrité physique et 3 129 outrages ou menaces ont été recensés à l’encontre d’agents de la RATP. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes qui assurent, chaque jour, l’accueil, l’information, la conduite, le contrôle, la sûreté ou la continuité du service public de transport.
La RATP et Île-de-France Mobilités lancent donc une vaste campagne de communication poursuivant un double objectif : dissuader les passages à l’acte en rappelant les sanctions encourues et adresser un signal de soutien clair aux agents. Les agressions dont ils sont victimes ne sont ni minimisées, ni tolérées par l’entreprise. En effet, la RATP et Île-de-France Mobilités s’engagent pour que ces violences soient poursuivies en justice.
Ainsi, des affiches, écrans et stickers sont déployés à partir du 6 juillet 2026 dans les gares et stations, afin d’interpeler et d’informer les voyageurs. Une déclinaison sur les réseaux sociaux a aussi été réalisée.
Quelles sanctions existent contre les auteurs de ces agressions ?
Agresser un agent de la RATP n'est pas un simple dérapage. C'est un délit, systématiquement aggravé par le statut de la victime qui exerce une mission de service public.
S'il y a outrage et menace : Insulter un agent est passible de six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende, peine doublée en réunion. Menacer de commettre un crime ou délit expose à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
S'il y a violence physique : Frapper un agent sans ITT, ou avec ITT inférieure ou égale à 8 jours, est passible de trois ans d’’emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Au-delà : cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros. En cas de mutilation ou infirmité permanente : dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros.
La circonstance aggravante : Le statut des agents RATP, reconnu par le code pénal comment étant chargé d’une mission de service public, alourdit systématiquement les peines.
En 2025, le service juridique de la RATP a comptabilisé 1 835 plaintes (atteintes physiques et verbales).
Comment les agents victimes d’agressions sont-ils accompagnés par la RATP ?
Lorsqu’un agent RATP est victime d’une agression (physique ou verbale), il peut contacter une permanence juridique disponible 24h/24 et 7j/7 pour un accompagnement à toutes les étapes : premiers conseils, orientation dans les démarches, accompagnement au dépôt de plainte et suivi du dossier. Au-delà de la prise en charge individuelle, ce dispositif s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la culture du signalement au sein de la RATP.
Si la plainte donne lieu à une audience, le dossier est attribué à un juriste RATP qui accompagne l’agent jusqu’à l’issue de la procédure : préparation et constitution du dossier, relation continue avec l’agent avant et après l’audience pour l’informer de la situation et de la décision rendue, accompagnement pour la perception des dommages et intérêts alloués.
En parallèle, l’agent victime d’agression peut bénéficier d’un accompagnement psychologique gratuit et confidentiel.
Dès qu’une agression est signalée, la RATP enclenche une prise en charge complète de l’agent concerné pour l’accompagner dans les meilleures conditions. Un échange est organisé avec son responsable afin de recueillir les faits, d’identifier ses besoins immédiats et de l’orienter vers un soutien psychologique accessible 24h/24 et 7j/7 via l’Institut d’accompagnement psychologique et de ressources (IAPR), un accompagnement au dépôt de plainte, un suivi juridique, une préparation éventuelle à l’audience et un accompagnement jusqu’à l’indemnisation lorsque la procédure le permet.
Selon la situation et l’avis du médecin du travail, ce premier accompagnement est complété par des dispositifs spécialisés après agression, comme des séances d’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une méthode utilisée pour aider à surmonter un événement traumatique lorsque celui-ci continue de provoquer stress, anxiété, troubles du sommeil ou appréhension du retour au travail.
Depuis 2023, près de 800 agents ont bénéficié d’un accompagnement individuel en EMDR. Des formats collectifs peuvent également être proposés, notamment pour associer prise en charge du traumatisme et soutien entre collègues après un événement difficile.
Par ailleurs, de nombreux métiers en contact avec les voyageurs (conducteurs de bus, métro et RER, gestionnaires de terminus, superviseurs de conduite, contrôleurs, agents de sûreté, agents des gares et stations) sont sensibilisés au sujet de la responsabilité pénale, lors de formations.