Patrimoine Metro RER

Connaissez-vous... la typographie du métro ?

Dès la création du réseau métropolitain, à partir de 1900, la signalétique est indispensable pour orienter les voyageurs. Elle se distingue par une typographie caractéristique, qui évolue au fil du temps. Immersion en images au cœur de l'histoire des typographies du métro !

Sommaire

  1. 1900 : les typographies de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP)
  2. 1900 : la typographie Hector Guimard
  3. 1910 : la typographie carrelée de la Compagnie du Nord-Sud
  4. 1922 : la typographie carrelée de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP)
  5. 1959 : la typographie des stations carrossées
  6. 1973 : la typographie "Métro" d'Adrian Frutiger
  7. 1976 : la typographie "RER - Formula One" d'Albert Boton
  8. 1996 : la typographie "Parisine" de Jean-François Porchez

La création du réseau métropolitain à partir de 1900 plonge les Parisiens dans un univers jusqu’alors inconnu. La signalétique devient indispensable à l’orientation des voyageurs dans la complexité des accès, correspondances, couloirs et quais. 

La typographie est au premier plan de l’orchestration de ces déplacements. La continuité est assurée entre la voirie et le réseau souterrain par la conservation des couleurs caractéristiques des plaques de rue parisiennes : texte blanc sur fond bleu sombre.

1900 : les typographies de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP)

L’héritage des principes d’écriture vernaculaire (dessins de lettres exécutés manuellement), en usage au début du XXe siècle pour les marquages urbains (enseignes, jalonnements, etc.), se retrouve tout naturellement dans la signalétique du réseau exploité en grande partie par la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP).

C'est aussi le cas pour les vignettes inscrites au catalogue des imprimeurs (par exemple, la main à l’index tendu). Cette technique, par sa souplesse, permet une adaptation à la grande diversité de longueurs de textes, de formats de panneaux et de contenus.

Collection RATP
Collection RATP

1900 : la typographie Hector Guimard

Les bouches de métro si fascinantes s’ornent d’une plaque de lave émaillée portant l’inscription « Métropolitain » ou « Métro », dessin où le geste du calligraphe adapte la forme des caractères entre longueur des mots et espace disponible. 

En 2002, la création d’un ensemble de caractères inspirés du graphisme d’Hector Guimard, confié au typographe David Poullard, a permis une écriture maitrisée du nom des stations prenant place au-dessus des portes-plans.

Collection RATP
Collection RATP

1910 : la typographie carrelée de la Compagnie du Nord-Sud

La Compagnie du Nord-Sud, concurrente de la CMP, s’est dotée d’espaces plus ambitieux et raffinés, où s’intègre un ensemble d’éléments décoratifs d’une grande richesse, pour se distinguer.

Les caractères des noms de stations sont réalisés en céramique blanche sur fond bleu en suivant un principe proche du point de croix ; la grille formée par le carroyage (carreaux carrés de 15 x 15 cm) est fidèlement respectée pour structurer et disposer les lettres composant la dénomination. Le dessin de la lettre ne comporte pas de courbe. Il n’existe pas de police à proprement parlé, le céramiste ajustant le principe au cas par cas.
 

Collection RATP
Collection RATP

1922 : la typographie carrelée de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP)

Contrairement au réseau Nord-Sud, les noms en carrelage de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP) ne tiennent pas compte de la contrainte du carroyage (carreaux rectangulaires de 15 x 7,5 cm). L’inscription est émaillée « d’un seul tenant », par la technique d’émaillage au pochoir, celui-ci couvrant l’ensemble des carreaux composant la surface du cartouche et permettant dès lors un émaillage « à cheval ».

Le registre formel paraît donc plus « libre » que celui du Nord-Sud et se caractérise notamment par la présence de courbes et de détails plus finement dessinés (abréviations, accentuations, cédilles, parenthèses, etc.).

Collection RATP
Collection RATP

1959 : la typographie des stations carrossées

Témoins de cette période d’incertitudes typographiques, différentes générations de graphisme se juxtaposent dans les stations carrossées, allant de l’adaptation des lettres modulaires des céramistes du Nord-Sud à des modèles variés issus de supports historiques.

On y observe les débuts de la standardisation des polices avec l’usage des pochoirs qui normalisent le dessin de chaque lettre avant que l’impression globale des mots n’ouvre le champs des techniques contemporaines en stabilisant définitivement les polices de référence.

On notera cependant que tout disparate qu’il puisse être, ce mélange trouve son harmonie au travers de parti-pris forts : choix des majuscules étroites et fonds de couleurs parfaitement orchestrés. 

C'est quoi une station carrossée ?

Au sortir de la guerre en 1949, la toute jeune RATP hérite d’un réseau qui nécessite d’être modernisé. C’est également l’époque où la publicité investit les espaces publics. Métrobus Publicité, qui assure la régie publicitaire de la RATP, propose une solution rapide à mettre en œuvre : elle finance le recouvrement des stations d’origine d’un carrossage (revêtement métallique) comprenant des cadres publicitaires, éclairés, de format « 4 x 3 ».

De 1952 à 1960, les premiers essais de carrossage sont installés dans quelques stations stratégiques. La station Opéra (ligne 3) est carrossée en vert pâle, Chaussée d’Antin (ligne 9) en jaune, Saint-Paul en cuivre rouge et plastique brun, et République (ligne 3) en orange. Mais c’est Franklin D. Roosevelt qui devient la station emblématique avec ses deux lignes : la 9 aménagée en 1952 avec un carrossage en aluminium brossé, et la 1 agencée en 1957 avec des vitrines luxueuses et des reproductions en verre de tableaux célèbres (gemmaux) associées aux panneaux publicitaires.

A partir des années 1960, le carrossage se standardise : les murs sont habillés d’un revêtement métallique jaune clair, avec des entourages verts clairs, et des noms de stations inscrits en jaune sur fond marron. En 1965, on dénombre 73 stations carrossées sur le modèle standard. Quelques années après, les carrossages sont rénovés et des couleurs beaucoup plus vives sont appliquées.

Collection RATP
Collection RATP

1973 : la typographie "Métro" d'Adrian Frutiger

En 1973, époque où Adrian Frutiger est consulté, il n’existe aucune uniformisation des caractères utilisés sur le réseau. La seule donnée commune étant l’utilisation des plaques bleues pour les indications de sortie et des plaques blanches pour les indications de transport.

La synthèse propose un alphabet majuscule d’une certaine étroitesse adapté à l’ensemble des contenus relevés et restant en parfaite cohérence avec les mentions en place afin de ne pas créer un désordre apparent.

Collection RATP
Collection RATP

1976 : la typographie "RER - Formula One" d'Albert Boton

En 1976, Roger Tallon, en charge de l’étude générale du nouveau RER (logique du système, logo, signalétique, cartographie, mobilier, équipement, etc.), s’adresse à Albert Boton pour la conception et la création d’une police de caractère exclusive : la Formula One.

Ce nouveau graphisme, tout en rondeurs, décliné en différents logos de mode et sur les supports signalétiques, forge ainsi l’identité du tout nouveau Réseau Express Régional. On notera l’absence étonnante des majuscules accentuées.

Collection RATP
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1996 : la typographie "Parisine" de Jean-François Porchez

Dans le but d’unifier la signalétique des différents modes de transport, le typographe Jean-François Porchez est sollicité pour la création d’un caractère unique, adapté à l’ensemble des contextes et des supports.

Il s’agit d’une écriture en minuscule dont les grandes performances de lisibilité ont été démontrées depuis de nombreuses années. Cette typographie s’inscrit dans les éléments identitaires de la RATP. Une déclinaison bureautique et électronique (pour l’affichage des girouettes bus en LED) est venue depuis agrandir la famille typographique Parisine.

Collection RATP
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