Culture

Connaissez-vous Hector Guimard ?

L’architecte Hector Guimard, grand maître de l’art nouveau, a imaginé les bouches d’entrée éponymes, véritables icônes du métro parisien. On vous le présente !

Véritables icônes du métro de paris, les bouches d’entrée Guimard sont tout droit sorties de l’imaginaire d’un architecte génial, Hector Guimard, devenu grand maître de l’art nouveau.

Né le 10 mars 1867, il fait ses études à l’École nationale des arts décoratifs à Paris et parallèlement il est inscrit à l’École nationale des beaux-arts. Hector Guimard va défier toutes les conventions reconnues de l’architecture parisienne en dessinant des édicules et des entourages aux formes végétales et en exploitant de façon remarquable les qualité plastiques de la fonte.

Il va ainsi concevoir trois types d’accès :

Des pavillons, véritables petits monuments pour les places de la Bastille et de l’étoile dont il ne reste aujourd’hui que des cartes postales très prisées par les collectionneurs 


Des édicules fantastiques qui ont été surnommés "Libellules", leurs verrières débordantes faisant penser à des ailes d’insectes déployées. Le bel exemple de l’édicule de la station porte Dauphine est le seul aujourd’hui d’origine.

Pour les stations plus courantes, Hector Guimard propose des entourages en fonte contorsionnée peints d’un vert très particulier et encadrés par les fameux "brins de muguet". Le socle des entourages en pierre de Comblanchien est taillé en des formes arrondies et les potelets font penser à des fémurs humains.

Il est intéressant de souligner l’intelligence constructive de ces entourages. Il s’agit d’un système modulaire qui s’adapte aux différentes tailles de trémies grâce à des écussons, élément de fonte qui peut être reproduit à l’infini. Ces écussons dans lesquels s’inscrit la lettre M, sont tenus par un cadre de barres métalliques. 

Il a été créé 167 entrées de métro Guimard, dont 88 existent encore aujourd’hui. 86 d’entre elles sont protégées au titre des Monuments historiques depuis 1978 et devenues des emblèmes de Paris dépassant la seule identité du métro.

Le saviez-vous ?

Certains de ces entourages Guimard se trouvent maintenant aux quatre coins du monde. Le plus ancien a été offert aux Etats-Unis par la RATP en 1958 et se trouve dans le jardin du Museum of Modern Art à New York. Un autre entourage Guimard d'origine est également visible dans le jardin de la National Gallery of Art de Washington.

Des prêts d’entourages Guimard ont été l’impulsion de synergies culturelles à travers le monde. D'autres entourages ou trémies Guimard se trouvent notamment :

  • à la station Square-Victoria de Montréal, depuis 1966. En 2011, la RATP reçoit en retour l'œuvre La Voix lactée de Geneviève Cadieux, installée dans la station Saint-Lazare.
  • à la station Picoas à Lisbonne, depuis 1995. A titre d'échange, en 1995, la salle souterraine de la station Champs-Élysées–Clemenceau sur la ligne 1 du métro a été aménagée par Carlos Sanchez Jorge, architecte du métro de Lisbonne avec  un ensemble d’azulejos de Manuel Cargaleiro.
  • à la station Bellas Artes à Mexico, depuis 1998. En retour, la fresque mexicaine du peuple Huichol est offerte en 1998 par le STC, le métro de Mexico. Cette mosaïque de Santos de la Torre Santiago est installée à l’accès de la station Palais Royal–Musée du Louvre conduisant au Carrousel du Louvre. 
  • à la station Van Buren Street, à Chicago, depuis 2003. Offerte par les Affaires Culturelles de la Ville de Chicago en 2008, l’œuvre d’art verrier « Jour et Nuit », de Judy Ledgerwood, est installée à la station Bir-Hakeim sur la ligne 6 du métro.
  • à la station Kievskaïa, à Moscou depuis 2008. En retour, l'oeuvre « Ryaba la poule », d’Ivan Loubennikov, a été installée en 2009 à la station Madeleine sur la ligne 14 du métro.
Station Square-Victoria à Montréal. Copyright : Jean-François Mauboussin

 

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