Au quotidien

Un jour, une station : Maison Blanche, réputée invulnérable

Découvrez les coulisses du nom de cette station de la ligne 7. Le saviez-vous ? la station Maison Blanche s’est transformée en prototype d’abri anti-aérien en 1935.

Maison Blanche est une station de la ligne 7 du métro de Paris, située dans le 13e arrondissement de Paris. Elle est ouverte le 7 mars 1930 avec la mise en service du prolongement de la ligne 10 depuis Place d'Italie jusqu'à Porte de Choisy. Le 26 avril 1931, elle est transférée à la ligne 7, qui effectue alors le trajet de Pré-Saint-Gervais ou de Porte de la Villette jusqu'au terminus sud de Porte d'Ivry, lequel est inauguré à la même date.

Un établissement populaire et une église dans l’histoire du nom de la station

La station Maison Blanche doit sa dénomination à son implantation au sein du quartier de la Maison-Blanche, lequel tient son nom d'une auberge nommée « Maison Blanche », située sur l’ancienne grande route de Fontainebleau. Un hameau qui prend son nom se constitue autour et une petite chapelle dédiée à Saint-Marcel y est érigée. Elle est reconstruite vers 1853, en mémoire du Général Bréa de Ludre, fusillé par les insurgés des journées de juin 1848, sur l’emplacement de la guinguette de la belle moissonneuse, établissement connu des habitants de la rive gauche de la Seine et tout spécialement des habitants du faubourg Saint-Marcel. Cette église est démolie en 1897 après la consécration de la nouvelle église Sainte-Anne située rue de Tolbiac, construite de 1894 à 1921 dans un style romano-byzantin par les architectes Bobin et Sandoz.

maison blanche

Un abri anti-aérien pour la population pendant la Seconde Guerre mondiale

Cette station est transformée en 1935 en prototype d'abri anti-aérien totalement étanche aux gaz de combat. Une autre station, Place des Fêtes, est également transformée sur le même modèle d’abri anti-aérien, en raison notamment de sa grande profondeur (24 mètres).   

Ces deux stations ne sont pas choisies au hasard, mais bien parce qu’elles sont implantées dans des quartiers populaires et très peuplés. Ces « abri-stations » sont réputés invulnérables par la presse de l'époque qui modestement les présentent comme « les plus grands et les plus sûrs du monde ». Dans les deux stations, des portes étanches à l'air sont installées, pour permettre à la population de se réfugier à l'intérieur, en cas d'attaque. Celles de la station Maison Blanche subsistent encore dans le tunnel. 

Abri anti-aérien, 1936 - RATP
portes étanches à l'entrée de l'abri anti-aérien, 1939 - RATP
abri anti-aérien, 1936 - RATP

Une décoration raffinée

Comme ses consœurs de la CMP (Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris), construites après les années 1920, la station Maison Blanche bénéficie d’éléments de décor en rupture avec l’architecture sobre et dépouillée, adoptée jusque-là par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Une volonté d’enrichissement des lieux qui trouve son influence dans le style raffiné des stations concurrentes du Nord-Sud. 

Désormais les noms de stations de la CMP, qui s’inscrivaient jusque-là sur des plaques de tôle émaillée, sont réalisés en céramique bleue. Les couloirs sont embellis de frises de couleur aux motifs géométriques (étoile, losange) ou floraux, constituant une « ligne graphique » qui permet aux voyageurs de mieux se repérer dans ce dédale souterrain.  

Enfin, les entourages publicitaires s’ornent d’un large encadrement de couleur miel ou marron aux motifs végétaux ou floraux. A partir des années 1940, ces encadrements seront également ornés d’un monogramme « M », de style Art déco. 

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