Au quotidien

Un jour, une station : prouesse technique à la station Gare de Lyon

La station Gare de Lyon est l’une des plus anciennes stations de métro, ouverte sur la première ligne du réseau le 19 juillet 1900 ! Elle est située sous le boulevard Diderot à l'est de la rue de Lyon et doit son nom à la gare SNCF toute proche.

Gare de Lyon : une station construite à ciel ouvert

Elle témoigne encore aujourd’hui des prouesses techniques déployées à l’époque. Elle est ainsi la première station à être réalisée par « creusement à fleur de sol » et à ciel ouvert, c'est-à-dire en ouvrant, éventrant devrait-on dire, la chaussée en suivant le tracé des rues.

Cumul de prouesses techniques, pour cette station les ingénieurs imaginent une charpente (appelée tablier métallique, procédé de construction qui sera repris dans de nombreuses stations) qui va servir à supporter la rue (et son trafic !) située juste au-dessus. Ce tablier est constitué de traverses en métal et de voûtains en brique, le tout s’appuyant sur des colonnes de soutènement, en raison de la très grande largeur de cette station (23,90m), tout comme à Porte d’Orléans et Gare de l’Est. 

Station de la Gare de Lyon, mise en place du tablier métallique - © RATP - Collection RATP - Union photographique française
Construction de la ligne 1 à la station Gare de Lyon, 1899 - © RATP
Le quai de la station Gare de Lyon, 1934 - © RATP

Quatre voies construites à l’origine pour une correspondance qui ne voit pas le jour

Atypique à plus d’un titre, la station « Gare de Lyon » comporte à l’origine 4 voies établies de part et d’autre de ses deux quais centraux, afin de pouvoir y accueillir la ligne circulaire (ligne 5 à l'époque) et de pouvoir effectuer des correspondances de quai à quai entre les lignes, ce qui ne fut jamais réalisé. 

Finalement, seules les deux voies centrales servent au transport des voyageurs. Quant aux deux autres, la voie la plus au nord est aujourd’hui recouverte, ce qui permet l’élargissement du quai en direction de la Défense. La voie la plus au sud subsiste, et sert encore au raccordement des lignes 1 et 5 avec pour particularité d’être isolée derrière une paroi de verre.

Autre particularité de cette voie sud : du 1er août au 17 décembre 1906, elle sert de terminus provisoire à la ligne 5 en provenance de la gare d’Austerlitz. Ce terminus temporaire permet d’effectuer la correspondance avec la ligne 1, en attendant de pouvoir le faire à la station Bastille inaugurée quelques mois plus tard sur la 5.  

L'accès aux quais à 4 voies de la Gare de Lyon, 1958 - © RATP
Quai de la station Gare de Lyon, 2014 - © RATP - Bruno MARGUERITE

Un tunnel caché : la voie des finances

Mieux encore, c’est dans un décor digne des premiers James Bond, que cette voie de raccordement ouvre à un embranchement appelé « voie des finances ». Ce tronçon à voie étroite, protégé par une porte blindée, est pendant des années emprunté par des mini trains à accumulateurs électrique qui transportent les recettes collectées dans les stations. Celles-ci sont acheminées au préalable par des trains qui parcourent chaque jour en fin de soirée l’itinéraire Rapée, Italie, Etoile, Gare de Lyon, approvisionnant les stations en billets et y relevant les boites à finances. En fin de parcours, les recettes sont déchargées dans le raccordement de la Gare de Lyon pour être transférées sur la « voie des finances » qui permet de rejoindre les sous-sols du siège de la Compagnie du Métropolitain de Paris (CMP), situé au quai de la Rapée.

Ligne des finances entre Gare de Lyon et Rapée - © RATP
Rame Décauville en circulation entre Gare de Lyon et Rapée - © RATP
Réception des recettes, salle de la Rapée - © RATP
La caisse centralisatrice de la Rapée - © RATP

Pour en savoir plus, découvrez l'article du blog Gallica sur la station de métro Gare de Lyon.

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