Les frises de la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP)
Dès 1900 et les débuts de l’exploitation du réseau métro par la CMP, les couloirs de circulation sont parés de carrelage blanc biseauté (7,5 x 15 cm), accompagné en partie haute d’une frise bleu pâle à losanges et en partie basse d’une plinthe de même couleur, complétée au fil du temps par d’autres tons : vert, brun et miel. La décoration des stations demeure, quant à elle, très sobre avec une voûte entièrement recouverte des fameux carreaux blancs biseautés qui reflètent la lumière des ampoules électriques et en renforcent l’efficacité. Les noms de station et la publicité sont collés à même le mur, sans plus de forme.
Les frises de la Compagnie Nord-Sud
Alors que la CMP exploite la quasi-totalité du réseau de métro, la compagnie concurrente du Nord-Sud fait son apparition en 1902 en construisant et en exploitant les lignes 12 et 13. Pour se différencier, celle-ci soigne l’architecture et le design de ses stations : l’espace est aéré, la voûte des stations, plus large, est ornementée d’une céramique décorative qui s’étire d’un quai à l’autre. Les quais sont rythmés par une alternance entre les grands noms des stations inscrits en carrelage, réhaussés de motifs géométriques évoquant des guirlandes et des ensembles d’affichages publicitaires encadrés de cimaises en céramique. Ces dernières et les noms de station sont en relief et ornés d’un motif de feuilles de chêne entrelacées, ponctué aux angles et sur les côtés d’un monogramme aux armes de la compagnie, formé des lettres N et S entremêlées. Les couloirs sont plus impressionnants encore : ils sont parcourus de frises avec un motif en forme de vagues et des encadrements publicitaires ornés des initiales. La couleur de la frise n’est pas choisie au hasard ! Elle indique le type de station : brun miel pour les stations simples et vert pour les correspondances ou les terminus.
L’impact du Nord-Sud sur la CMP
À partir 1920, sous l’influence du Nord-Sud, la CMP décide de suivre la tendance et égaye son décor à son tour. La compagnie installe des cadres publicitaires dans toutes les nouvelles stations, qu’elle orne de motifs végétaux ou floraux et surmontés d’une fleur de lotus. Les noms de stations sont, quant à eux, réalisés en céramique ou sur des plaques émaillées de couleur bleue. Dans les couloirs, les frises accueillent de nouveaux dessins : fleurs, double losange, trèfle, étoile, tous miel ou brun. Sur les extensions réalisées de 1939 à 1952, des formes géométriques Art déco s’imposent, tandis que la décoration au-dessus du cadre publicitaire reprend le M majuscule du premier logo du métro apparu en 1937.
Le grand retour des frises et du carreau blanc biseauté avec le programme Renouveau du métro
Le programme Renouveau du métro, lancé en 1998, consiste en une réinterprétation contemporaine de l’identité et du style du métro historique (signalétique sur plaque émaillée, carreau blanc biseauté, frise colorée des couloirs), sous une forme néanmoins simplifiée. La variété décorative des motifs et couleurs des faïences apparues pendant les 50 premières années du réseau est ainsi résumée à deux motifs (losange et vague pour l’ancien réseau Nord-Sud) et trois couleurs (marron, vert, bleu). De l’entrée des stations aux quais, le programme Renouveau conserve la frise à hauteur des yeux pour guider les voyageurs, avec quelques spécificités pour les grandes stations. Nation et Bastille sont, par conséquent, dotées d’une frise spécifique à tons métallisés, respectivement argent et or, et à Châtelet–Les Halles, de nouveaux motifs sont choisis afin de distinguer les différents secteurs de ce vaste pôle d’échanges : Seine (bleu), Rivoli (doré) et Canopée (argenté).