Au quotidien

Un jour, une station : Place des Fêtes

Découvrez les secrets de la station Place des Fêtes. Le saviez-vous ? Cette station est un prototype d'abri anti-aérien pendant la seconde guerre mondiale. 

A la croisée des lignes 7 bis et 11 du métro, la station Place des Fêtes est située dans le 19e arrondissement de Paris. La station de la ligne 7 (devenue 7 bis en 1967) est ouverte en 1911.

Une place des Fêtes bien animée donne son nom à la station

La station doit son nom à cette place qui, près de la rue des Fêtes, est créée en 1836 afin d’organiser les fêtes de la commune de Belleville. Celle qui est devant l’ancienne église est alors devenue trop petite. Les Parisiens viennent s’y encanailler dans les guinguettes et fêter le Mardi Gras à la descente de la Courtille. La descente de la Courtille est l’un des trois cortèges du Carnaval de Paris qui, contrairement à celui de la Promenade du Bœuf Gras et celui de la Reine des Blanchisseuses, n’a perduré qu’une quarantaine d’années au cours du XIXe siècle. La plupart des Parisiens, bourgeois et mondains, se déguisent en Pierrot ou Colombine et se mêlent au peuple. Ce jour-là, tout est permis et personne ne se prive de cette courte liberté.

Un accès « chalet » qui laisse la place à un édifice Art déco

La station de la ligne 7 est située à grande profondeur sous le coteau de Belleville. A l’époque de sa construction, la technologie des escaliers mécaniques est naissante, et n’est pas en mesure de réaliser des dénivelés aussi élevés : ce sont donc des ascenseurs qui la desserviront. Un édicule de type « chalet », en brique et en métal, comme aux stations Quai de la Rapée et Saint-Jacques, permet alors un accès unique à la station en abritant deux cabines de 30 places sur un dénivelé de 14,85 mètres. Cet accès s’insère parfaitement dans son environnement, un quartier à l’origine très excentré et très rural, avec ses petites ruelles pavées, ses places herbeuses et ses petites maisons. Il est démoli en 1935 pour laisser la place à un édifice de style Art déco. En effet, avec l’arrivée très proclamée comme « moderne » de la ligne 11 à la station Place des Fêtes, la Compagnie du métropolitain de Paris (CMP) se doit de construire un accès en harmonie avec ses prétentions. Ce bâtiment en béton armé est un modèle du genre. Son architecture est unique, elle a été prévue pour protéger les accès en cas de bombardement. La structure repose sur une paroi qui permet de séparer les flux entrée et sortie. Elle est recouverte d’un auvent de forme triangulaire et la mention « métro », inscrite verticalement sous le fronton, est réalisée en lettres découpées sur fond rouge.

Edicule de l'accès à la station - 1925 - Collection RATP
1936 - RATP
1935 - RATP

Cet accès abrite aujourd'hui un vertigineux escalier mécanique car la voie est à 27 mètres sous le niveau du sol. Avec ses 256 marches, il s'agit en effet du plus grand escalier mécanique du réseau RATP. La première phase de la révision générale décennale de cet escalier a eu lien en octobre 2020 : une opération d'envergure !

place des fêtes

Un abri anti-aérien pour la population pendant la Seconde Guerre mondiale

La station de la ligne 11, mise en service en 1935, est conçue dès l’origine comme un prototype d'abri anti-aérien totalement étanche aux gaz de combat. Une autre station, Maison Blanche, est également transformée sur le même modèle d’abri anti-aérien, en raison notamment de sa grande profondeur.   

Ces deux stations ne sont pas choisies au hasard, mais bien parce qu’elles sont implantées dans des quartiers populaires et très peuplés. Ces « abri-stations » sont réputés invulnérables par la presse de l'époque qui modestement les présentent comme « les plus grands et les plus sûrs du monde ». Dans les deux stations, des portes étanches à l'air sont installées, pour permettre à la population de se réfugier à l'intérieur, en cas d'attaque. Celles de la station Maison Blanche subsistent encore dans le tunnel.

Porte étanche en tunnel créée dans le cadre de la défense passive - 1939 - RATP
Cadre de la porte étanche créée dans le cadre de la défense passive - 1939 - RATP
Porte étanche de l'accès ligne 11 - 1936 - RATP
Couloir d'accès aux portes étanches du refuge - - RATP

Une station en courbe et une mystérieuse voie des fêtes

La station de la ligne 7 bis, en courbe, est constituée d'un quai central encadré par deux voies et la voûte est elliptique. La voie sud, du côté extérieur à la courbe, est desservie par les rames de métro en provenance de la station Louis Blanc et à destination de la station Pré-Saint-Gervais, tandis que l'autre, amorce de la « voie des Fêtes », est inutilisée en service normal.

Le saviez-vous ?

La voie des Fêtes tient son nom de la station dans laquelle elle prend naissance ; c'est sur cette voie que l'on trouve notamment la station fantôme Haxo, qui n'a jamais été ouverte au public. Plus loin, elle rejoint la voie navette pour desservir avec elle la station Porte des Lilas où sont tournés les films qui ont comme décor, le métro.  

La voie navette tient son nom d’une navette qui reliait de 1921 à 1939, les terminus des lignes 3 (Pré-Saint-Gervais) et 7 (Porte des Lilas) (aujourd’hui 3 bis et 7 bis). Le prototype du métro sur pneu (MP51) fut également testé sur la voie navette. Cette voie sert aujourd’hui de garage aux trains de la ligne 3. 

Ces deux voies ont été créées dans le but de prolonger la ligne 7 jusqu’à la Porte des Lilas afin d’effectuer une correspondance avec la ligne 3. Les infrastructures ont été construites mais la ligne 7 n’a jamais emprunté la voie des Fêtes pour rejoindre Porte des Lilas. Seule la navette entre les deux terminus fut exploitée.

Un style simple et efficace pour les deux lignes

La décoration de la ligne 7 bis est de style « Andreu-Motte » de couleur orange. Les cadres publicitaires sont métalliques et le nom de la station est écrit en lettres capitales sur plaques émaillées.  

Les quais de la ligne 11, de configuration standard, sont séparés par les voies du métro situées au centre et la voûte est elliptique. La décoration est du style « Ouï-dire » de couleur verte. Les quais sont carrelés en gris anthracite et équipés de sièges coque individuels de style « Motte », de sièges individuels séparés par des accoudoirs en forme de faux typiques du style « Ouï-dire » ainsi que de bancs « assis-debout », tous de couleur grise.  

place des fêtes
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