Culture

Une ligne, une histoire : la ligne 4 du métro

Le 21 avril 1908, la ligne 4 était ouverte au public entre les stations Porte de Clignancourt et Châtelet. On vous raconte ! 

A son ouverture en 1908, la ligne 4, première ligne à être orientée Nord-Sud, est séparée en deux branches, une sur chaque rive. En effet, pour la première fois, un transport en commun doit réussir le défi de franchir la Seine. Cela a donné lieu à des projets spectaculaires de 1905 à 1907 au cœur de la capitale. 

Le tracé implique que la ligne, à partir des Halles et en direction de la rue de Rennes, franchisse impérativement deux bras de la Seine, via l’île de la Cité, une fois en amont, une fois en aval. Pour se faire, deux stations doivent être créées, l’une à Cité, l’autre à Saint-Michel.

Un concours pour faire passer le métro sous la Seine

La traversée sous-fluviale de la Seine constituant de loin le point le plus difficile de la construction de la ligne, un concours est lancé pour étudier toutes les solutions possibles et déterminer le meilleur entrepreneur. Le projet de l’entreprise Chagnaud est retenu car il présente, outre l’idée d’utiliser des caissons foncés verticalement dans le lit du fleuve, l’autre avantage de ne pas recourir à deux tunnels jumeaux mais à un seul ouvrage contenant les deux voies.

ligne 4

Un terrain congelé pour faire passer le métro

Pour la dernière portion la plus au sud de la Seine et sur une longueur de 14,50 m, une méthode originale et révolutionnaire pour l’époque est employée : la congélation du terrain. En effet la présence d’une ligne de chemin de fer (aujourd’hui RER C) empêche l’emploi de la méthode des caissons, comme sur les portions plus au nord. Le terrain de mauvaise consistance est donc congelé afin d’effectuer les terrassements dans de bonnes conditions, au moyen de tubes de congélation dans lesquels circule une solution de saumure à -24° gelant le terrain en 40 jours. 

ligne 4

C’est début janvier 1910 que le tronçon central de la ligne 4 entre Châtelet et Raspail est ouvert au public, assurant la jonction des deux parties extrêmes, ouvertes au nord le 21 avril 1908, et au sud en 1909.

Une ligne prolongée

La ligne 4 ne s’est pas arrêtée là. Cette ligne est restée parisienne entre les portes d’Orléans et de Clignancourt jusqu’en 2013, date à laquelle elle est prolongée à Montrouge, avant de rejoindre Bagneux en 2022. Elle parcourt depuis ce moment plus de 14 kilomètres et dessert 29 stations.
La ligne est en cours d'automatisation complète, impliquant la circulation de 100 % de navettes automatiques sur la ligne, fin 2023. Pour en savoir plus, cliquez ici

Le saviez-vous ?

La ligne 4 est la seule ligne du réseau en correspondance avec toutes les autres lignes !

L'art sur la ligne 4

Plusieurs oeuvres d’art jalonnent le parcours de la ligne 4.

Parmi elles, une fresque culturelle intitulée « Le Mythe Saint-Germain : un lexique amoureux » mise en place à la station Saint-Germain-des-Prés en septembre 2021. Celle-ci met en lumière l’histoire culturelle du quartier et de ses illustres habitants : Boris Vian, Jacques Prévert ou encore Simone de Beauvoir.

De nouvelles oeuvres d'art jalonnent le parcours du prolongement de la ligne 4 à Bagneux en janvier 2022. A commencer par l’impressionnante fresque de Ricardo Mosner, qui se déploie sur 105 mètres, le long du nouveau centre de dépannage des trains à Bagneux. Visible depuis l’extérieur, celle-ci illustre entre autres l’histoire des carrières de la ville, dont les pierres ont servi à construire les plus beaux monuments de Paris. Autres créations artistiques : les portraits de Lucie Aubrac en métal blanc, réalisés au sein de la station du même nom par l’artiste C215.

Patrimoine Ligne 4